On l’oublie souvent en pensant thermalisme aux Pyrénées ou en Auvergne : le Gers compte trois stations thermales, à moins d’une heure de route les unes des autres. Chacune a sa spécialité, son cadre et sa clientèle, et toutes trois s’appuient sur des sources connues depuis des siècles, bien avant que la médecine thermale ne devienne un parcours de soins encadré. Voici de quoi comparer avant de choisir, en fonction de ce qui vous amène — rhumatismes, jambes lourdes ou troubles digestifs — et de ce que vous cherchez comme cadre de séjour.
Trois stations, trois vocations
Barbotan-les-Thermes, dans le nord-ouest du département (commune de Cazaubon), est la plus connue et la plus fréquentée. Ses eaux, exploitées depuis l’Antiquité, sont orientées vers la rhumatologie (arthrose, séquelles de traumatismes) et la phlébologie (jambes lourdes, troubles veineux). C’est aussi la station la plus urbaine des trois, avec un centre thermoludique et une offre hôtelière développée autour du lac de l’Uby.
Castéra-Verduzan, au centre du Gers, joue une autre partition : ses eaux sulfurées sont réputées pour l’appareil digestif et les affections bucco-linguales (troubles de la bouche et des gencives), une orientation assez rare qui en fait une des rares stations françaises sur ce créneau. Le village, posé au bord d’un plan d’eau, garde un côté discret et familial.
Lectoure, enfin, où j’habite, propose une cure plus récente axée sur la rhumatologie également, avec un établissement thermal intégré à la ville haute, à deux pas de la cathédrale Saint-Gervais. Le cadre est celui d’une bastide sur son éperon rocheux, très différent du site plus champêtre de Castéra-Verduzan ou du pôle thermoludique de Barbotan.
Comparatif rapide
| Station | Orientations thérapeutiques | Cadre | Meilleure saison |
|---|---|---|---|
| Barbotan-les-Thermes | Rhumatologie, phlébologie | Pôle thermoludique, lac de l’Uby | Avril à octobre |
| Castéra-Verduzan | Appareil digestif, affections bucco-linguales | Village au bord de l’eau, calme | Avril à octobre |
| Lectoure | Rhumatologie | Bastide en hauteur, centre-ville | Avril à octobre |
Les trois établissements fonctionnent en général en saison, de la mi-printemps à l’automne, avec des variations d’une année à l’autre : mieux vaut vérifier le calendrier directement auprès de chaque établissement avant de réserver.
Comment fonctionne une cure thermale conventionnée ?
Contrairement à une simple parenthèse détente, la cure thermale conventionnée est un parcours de soins médical, encadré par l’Assurance maladie. Le principe est le même quelle que soit la station choisie :
- Prescription médicale : votre médecin traitant ou un spécialiste établit une ordonnance précisant l’orientation thérapeutique visée (rhumatologie, phlébologie, affections digestives…).
- Demande de prise en charge : le formulaire est transmis à la caisse d’Assurance maladie, qui valide (ou non) le remboursement selon vos droits.
- Durée réglementaire : une cure thermale conventionnée dure 18 jours, soins quotidiens du lundi au samedi, une seule fois par an et par orientation.
- Prise en charge : une partie des soins et, sous conditions de ressources, du forfait hébergement/transport, est remboursée par l’Assurance maladie ; le reste demeure à votre charge ou couvert par une mutuelle.
Une cure thermale prescrite et prise en charge par l’Assurance maladie dure 18 jours de soins, renouvelable une fois par an pour la même orientation thérapeutique.
À quoi ressemble une journée de soins
Contrairement à l’image d’un simple bain relaxant, la journée type d’un curiste alterne plusieurs postes de soins prescrits par le médecin thermal de l’établissement, rencontré en début de séjour : bains à bulles ou à jets, douches locales ou générales, applications de boue ou de tourbe selon l’orientation, cures de boisson pour les indications digestives, et souvent des séances collectives de mobilisation en piscine. Chaque soin dure de quelques minutes à une demi-heure, et l’ensemble occupe généralement les matinées, laissant les après-midi libres pour se reposer ou visiter les environs — un vrai atout quand on cure dans une station aussi riche en patrimoine que Lectoure ou Condom, à deux pas.
Comment choisir entre les trois ?
En pratique, le choix dépend d’abord de votre indication médicale — c’est votre médecin qui orientera vers Barbotan ou Lectoure pour un problème articulaire, ou vers Castéra-Verduzan pour des troubles digestifs. À indication égale entre Barbotan et Lectoure, le choix devient plus une question de cadre : Barbotan offre davantage d’infrastructures et d’animations autour de la cure, avec un vrai pôle thermoludique ouvert aussi aux non-curistes, tandis que Lectoure séduit par sa taille humaine et la proximité immédiate du centre historique, pratique si vous voyagez sans voiture pendant votre séjour. Castéra-Verduzan, plus confidentiel, convient bien à qui cherche la tranquillité d’un village plutôt que l’animation d’une petite ville thermale.
Le rythme d’une cure de 18 jours demande aussi de penser à l’hébergement : les trois stations proposent des résidences ou hôtels partenaires à proximité immédiate des thermes, un critère à vérifier tôt tant les disponibilités se réservent longtemps à l’avance en haute saison.
Il existe aussi des cures libres, plus courtes et non prises en charge, pour ceux qui veulent simplement s’offrir quelques jours de bien-être sans passer par une prescription — une formule que proposent les trois établissements en complément de leur activité conventionnée.
Comme pour toute décision touchant à votre santé, parlez-en d’abord à votre médecin traitant : lui seul peut juger si une cure thermale est adaptée à votre situation et rédiger l’ordonnance nécessaire à la prise en charge. Pour le détail des démarches et des remboursements, le site de l’Assurance maladie consacré aux cures thermales reste la référence officielle.
Envie de prolonger la détente une fois la cure terminée ? Nos idées de balades douces autour de Lectoure et des bastides voisines sont à retrouver dans la rubrique Découvrir le Gers.
Mathieu Dubarry



