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L’abbaye de Boulaur : visiter la ferme monastique des sœurs cisterciennes dans le Gers

Avatar de Eugénie Lescure

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Il y a des adresses qu’on ne trouve pas en cherchant un « site touristique » au sens classique. L’abbaye de Boulaur en fait partie : nichée dans la campagne au sud d’Auch, à cheval sur les collines de la Save, elle ne cherche pas à attirer les foules. Et pourtant, chaque fois que j’y emmène quelqu’un de passage dans le Gers, c’est le même effet — le silence, le troupeau qui broute au pied des bâtiments, et cette boutique où l’on repart rarement les mains vides.

Une abbaye fondée au XIIe siècle

L’histoire de Boulaur remonte à 1142, quand le site est fondé comme dépendance de l’ordre de Fontevraud, avant de devenir, au fil des siècles, une abbaye cistercienne à part entière. Comme beaucoup de communautés religieuses du Gers, elle traverse des périodes d’abandon — la Révolution y met un terme brutal — avant d’être réoccupée en 1949 par une nouvelle communauté de moniales cisterciennes, rattachée à l’ordre de Cîteaux. C’est cette communauté qui anime encore aujourd’hui le lieu, entre offices chantés et travail agricole, selon la règle bénédictine résumée par la devise ora et labora — prie et travaille.

La vie des moniales de Boulaur s’organise autour du chant grégorien et du travail de la terre : une petite exploitation agricole qui fait vivre la communauté tout en perpétuant, jour après jour, un équilibre entre prière et labeur hérité du XIIe siècle.

Une véritable ferme derrière les murs

Ce qui distingue Boulaur d’autres abbayes du grand Sud-Ouest, c’est que la communauté ne vit pas seulement de dons ou de tourisme religieux : elle exploite réellement une ferme. Vaches, ateliers de transformation, champs cultivés à la main ou avec un minimum de mécanisation — les sœurs produisent elles-mêmes une bonne partie de ce qu’elles vendent ensuite au magasin monastique. On y trouve des fromages affinés sur place, des confitures maison selon les saisons, des pâtés et des farines issues de leurs propres cultures. Rien d’industriel : les volumes sont modestes, ce qui explique qu’il vaut mieux ne pas arriver en fin de journée en espérant trouver l’étal encore plein.

La communauté a aussi porté, ces dernières années, un projet de grange cistercienne destiné à moderniser et pérenniser l’outil agricole du monastère — un chantier dans la droite ligne de la tradition cistercienne, où l’architecture agricole compte autant que l’église elle-même dans l’équilibre du site.

Visiter la boutique et l’abbaye

Je me garderai bien de vous donner des horaires précis à l’heure près : comme dans toute communauté religieuse, les créneaux d’ouverture de la boutique suivent le rythme des offices et peuvent varier selon la saison. Le plus sûr est de consulter le site de l’abbaye avant de vous déplacer, surtout si vous venez de loin. On peut aussi assister à certains offices chantés, dans le respect du silence et du recueillement des lieux — ce n’est pas un spectacle, mais une expérience à part entière si vous prenez le temps de vous y arrêter.

Pour l’accès, comptez environ vingt-cinq minutes depuis Auch en passant par Saramon, sur des petites routes qui traversent une campagne vallonnée typique de l’Astarac. Depuis Saramon justement, il ne faut qu’une dizaine de minutes — une bonne étape si vous combinez la visite avec un marché ou une balade dans ce secteur du Gers, moins connu que la Ténarèze mais tout aussi attachant.

Pourquoi j’y retourne régulièrement

Ce que j’aime à Boulaur, ce n’est pas seulement le fromage — même s’il est excellent. C’est ce contraste entre la rigueur du lieu et la générosité de ce qu’on y trouve : une communauté qui a choisi de rester productive, ancrée dans une terre qu’elle travaille de ses mains, à contre-courant d’un monde qui va vite. Pour plus de détails pratiques sur l’abbaye, son histoire et ses activités, le site officiel de la communauté de Boulaur reste la meilleure source à jour.

Si cette étape vous donne envie de prolonger la découverte du patrimoine religieux et rural du Gers, jetez aussi un œil à nos idées de sorties en famille dans le département — plusieurs abbayes et fermes du secteur se visitent très bien avec des enfants, à condition de garder le silence quand il le faut.


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